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Algérie-ftL’événement sportif de la semaine sur le contient africain, c’était incontestablement le match d’appui entre l’Algérie et l’Egypte, qui disputaient hier mercredi 18 novembre 2009, à Khartoum au Soudan, le dernier ticket de la Zone Afrique pour le mondial 2010 en Afrique du Sud. On se rappelle qu’au match retour, joué le samedi 14 novembre dernier, les Pharaons avaient tenu la dragée haute à leurs adversaires en l’emportant par 2 buts à 0. Un résultat inespéré qui leur permettait d’être à égalité parfaite avec les Fennecs.

Pour la seule place qui reste à prendre, il fallait jouer la belle dans un pays neutre, et c’est le Soudan qui a été retenu. Mais, avant le rendez-vous des deux équipes à Khartoum, le voyage de la délégation algérienne au Caire a été perturbé par des supporters égyptiens dès leur arrivée. Figurez-vous que le bus qui amenait les Algériens à leur hôtel avait essuyé des jets de pierres, blessant quatre joueurs. Selon l’envoyé spécial de l’Equipe, le quotidien du Sport et de l’Automobile, après la victoire de l’Egypte, plusieurs cars de supporters algériens furent « caillassés » à la sortie du Cairo stadium.

A certains endroits de la ville, profitant de barrages occasionnels abandonnés par la police, des jeunes firent ralentir toutes les voitures pour vérifier l’identité des passagers. Menaces, insultes, verres brisés, le tout, organisé devant de très nombreux camions blindés des forces de l’ordre, qui n’ont pas fait grand-chose pour rétablir le calme. Conséquence, les violences auraient fait, au total, 32 blessés (12 Egyptiens et 20 Algériens). Au vu de ce qui s’est passé, on peut dire que la provocation est venue du côté du Caire, où les hooligans se sont illustrés négativement. C’est vrai qu’il est difficile de contrôler les supporters belliqueux, mais pourquoi n’a-t-on pas pris toutes les dispositions nécessaires depuis l’aéroport pour éviter la situation, que tout le monde déplore aujourd’hui ?

Le foot, ce n’est pas la guerre, et il est inimaginable que cela se passe dans un pays qui abrite le siège de la Confédération africaine de football (CAF). Est-ce ça, le sport ? Quand cela se passe dans un tel contexte, il faut avouer qu’on perd une partie de ses ressources sur le rectangle vert, même si ce n’est pas une raison pour justifier une défaite. Mais ce qui est étonnant, c’est le silence de la FIFA après ces incidents alors qu’on a vu sur le petit écran un de ses représentants qui tenait en main un caillou, lequel a sans doute fait des dégâts. Avec une telle preuve irréfutable, nous pensons qu’on aurait dû reporter ce match surtout qu’il y avait de l’électricité dans l’air. L’inertie de La FIFA est incompréhensible, et si c’était par exemple la France, l’Allemagne ou même l’Angleterre, aurait-t-elle adopté une telle attitude ? Imaginez un seul instant si l’Algérie avait remporté la victoire. C’est certain que les visiteurs auraient eu une sortie difficile. Quant à leurs supporters, Dieu seul sait ce qui leur serait arrivé. Un débordement n’était pas à exclure, et la bêtise humaine aurait endeuillé des familles.

Pour le troisième acte à Khartoum, on était mobilisé à Alger comme au Caire, et des deux côtés, ils étaient nombreux, les supporters qui ont fait le déplacement dans le vétuste stade de 40 000 places du club Al-Merreikh. Quatre jours après le succès de la sélection égyptienne, l’enjeu était devenu politique au vu des moyens que les gouvernements des deux pays ont déployés : quarante-huit avions en provenance d’Algérie et dix-huit d’Egypte. L’honneur n’a pas de prix pour un événement de cette importance. Pour prévenir les débordements avant, pendant et après la rencontre, les autorités soudanaises ont sorti 15 000 policiers. Tout ça pour un match qui devrait unir les peuples au lieu de les diviser parce qu’on veut aller au mondial. C’est dommage pour une Afrique qui doit relever le défi dans d’autres domaines que le football pour son développement.

A Omdurman, sur la rive occidentale du Nil, les Fennecs ont réussi à rejoindre les Bafana Bafana, les Black Stars, les Eléphants, les Lions Indomptables et les Super Eagle pour la coupe du monde qui se déroulera du 11 juin au 11 juillet 2010. Ils sont sortis victorieux de ce match tendu au prix de grands efforts. L’unique but de la partie a été inscrit par Anthar Yahia qui devient du coup un héros national. A Alger et dans d’autres villes du pays, on a certainement fêté toute la nuit avec les habituels coups de klaxons. C’est ça, un bonheur sans mélange. Une belle victoire qui sonne en quelque sorte comme une justice.

Justin Daboné, l’Observateur

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