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0Une victoire au bout de l’injustice et une revanche contre l’anti-football. L’équipe algérienne, plus constante, plus régulière, plus technique, méritait cette qualification. Elle la méritait. Au Caire, elle a joué sous pression, après une agression qui a fait sortir les choses de leur cadre sportif. Elle le méritait car, n’en déplaise à la FIFA, aucune équipe au monde n’aurait dû jouer ce match du Caire après avoir subi de telles voies de faits.

L’équipe algérienne a tenu au Caire… et a évité la disqualification. A Khartoum, devant des milliers de spectateurs algériens venus en soutien, elle a joué. Crânement. Le sport, qui a malheureusement vacillé au Caire, a repris ses droits à Khartoum. La différence a été faite sur le terrain. Les Algériens ont marqué et résisté crânement. Ils nous ont donné parfois des sueurs froides dans certains moments de flottement en défense. Ce fut, disons-le, même si l’on fait partie de ceux qui n’aiment pas la débauche de chauvinisme qui s’est emparée des médias algériens et égyptiens, une victoire au bout de l’injustice. Les Verts ont su retrouver au fond d’eux-mêmes l’énergie de jouer au football et de battre sportivement l’équipe d’Egypte.

Le match n’a pas été de très haute qualité, les phases de jeu dignes d’être remémorées n’étaient pas très nombreuses. Mais il y a eu un but de toute beauté, rageur et puissant. Un but qui a délivré les joueurs et nous a délivrés également. Prendre l’ascendant au début d’un match de barrage, c’est prendre l’option de la victoire. Il a fallu du cran à ces joueurs pour revenir de l’énorme pression du Caire. A Khartoum, dans des conditions égales, le sport a repris ses droits. L’équipe algérienne, plus jeune, plus allègre, l’a emporté face à une équipe égyptienne plus vieille et très expérimentée.

La joie que ces joueurs ont donnée aux Algériens – qui commencent une nuit d’allégresse au moment où ces lignes sont écrites – ne doit pas faire oublier que les choses doivent rester dans leur juste dimension. L’équipe égyptienne a perdu un match, la nation égyptienne n’a pas subi d’affront. On peut mettre autant de symboles que l’on veut dans un match, il n’en reste pas moins ce qu’il est : la victoire de onze garçons qui ont joué du ballon contre onze autre garçons. La débauche de chauvinisme qui a entouré la compétition entre les deux équipes nationales est affligeante. Dans cette dérive, si les Algériens ont paru moins outranciers que les Egyptiens, c’est uniquement par le fait qu’ils ne disposaient pas, comme les Egyptiens, de plusieurs télévisions.

Dans cette marche méritée à la qualification de l’équipe algérienne, on ne peut pas oublier ces énormes points noirs. Une FIFA dont l’indécision après l’épisode du caillassage aura, en définitive, nourri une hargne excessive autour de ce match. Des médias qui semblaient, de part et d’autre, avoir perdu la raison pour devenir des crypto-hooligans. Si après cette décompression, les médias égyptiens et algériens (et aussi les politiques) ne regardent pas les dégâts qu’ils ont provoqués, cela reviendrait à désespérer d’eux. Cela n’enlève rien au fait que les joueurs algériens méritaient cette victoire. Les dieux du stade ont décidé que la justice devait l’emporter.

K. Selim

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