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GuinéeDepuis l’attentat, le 3 décembre 2009, contre le président Moussa Dadis Camara, toujours en soins à l’hôpital militaire de Rabat au Maroc, la facilitation dans la crise guinéenne est en veilleuse, pour ne pas dire suspendue. Congé donc pour le médiateur burkinabé, Blaise Compaoré, dont les premières propositions de sortie de crise avaient été très mal accueillies par les Forces vives (regroupement de partis politiques de l’opposition et de la société civile).

Un intermède que, sans doute, le médiateur mettra à profit pour échafauder les plans d’une nouvelle feuille de route vers le rétablissement de la paix négociée au pays de Sékou Touré.

En attendant une éventuelle reprise des pourparlers interguinéens, le Groupe international de contact sur la Guinée (ONU, UA, CEDEAO, USA, UE, OIF, Grande-Bretagne et France) s’est réuni, le 13 décembre dernier, à Ouagadougou en présence des deux protagonistes que sont le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et les Forces vives.

Avant toute chose, il faut se féliciter de la tenue de cette rencontre, la neuvième du genre, qui traduit un acte de solidarité de la Communauté internationale envers le pauvre peuple de Guinée, qui a tant souffert de ses dirigeants ; même s’il faut craindre que les multiples initiatives de paix ne finissent par se télescoper.

En effet, autant le premier draft d’arrangements politiques proposé par le facilitateur, Blaise Compaoré, a péché par l’excès de faveurs concédées à la junte, autant les feux nourris du Groupe de contact sur cette dernière ne sont pas de nature à apaiser la situation.

De quoi voulons-nous parler ici ? De la surprenante proposition, avant-hier, du président de la Commission de la CEDEAO, le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, de déployer en Guinée des forces de protection des civils et d’assistance humanitaire.

Certes, il faut une certaine dose de fermeté pour faire lâcher prise à ces pistoleros qui se comportent à Conakry comme sur un terrain conquis et pacifié : par exemple, il ne faut transiger ni sur l’interdiction de la candidature d’un quelconque membre du CNDD à la présidentielle ni sur le respect des droits de l’homme.

Toutefois, il faut éviter de jeter l’anathème et rien que sur la junte, sous peine de finir par la braquer, car, dit-on, « lorsqu’un homme est acculé, soit il devient bête, soit il devient fou ». Et l’assassinat manqué de Dadis Camara est très illustratif de cet apophtegme.

Le lieutenant Aboubacar Diakité, alias « Toumba », a tenté de trucider son chef parce que celui-ci avait commencé à lui faire porter le chapeau dans le massacre du 28- Septembre.

La mise à l’écart temporaire, ou définitive qui sait, du satrape de Conakry et de son ex-sicaire de service, « Toumba », est aussi un moment propice pour tendre la carotte au reste de l’organe dirigeant. Surtout que l’intérimaire de Dadis, le général Sékouba Konaté, est réputé être un homme conciliant.

Alain Saint Robespierre, l’Observateur

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