Le président américain Barack Obama devient le 97e lauréat du prix Nobel de la paix. Le prix lui a été remis lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à Oslo, en Norvège, ce 10 décembre 2009. Le prix est attribué chaque année par les cinq membres du Comité norvégien du prix Nobel, désignés par le parlement de Norvège (le « Storting »). Chaque année, le comité reçoit entre 150 et 200 propositions de noms pour cette distinction. Ce chiffre augmente régulièrement chaque année. La Fondation Nobel de Stockholm gère l’attribution des autres prix Nobel, dans les domaines de la physique, de la chimie, de la médecine et de la littérature. Depuis 1968, la Banque de Suède attribue un prix d’économie « en mémoire d’Alfred Nobel ».
Barack Obama est le quatrième président des États-Unis à recevoir le prix Nobel de la paix. Il figure ainsi désormais aux cotés de Théodore Roosevelt (1906), Woodrow Wilson (1919) et Jimmy Carter (1992). S’il est incontestable que le prix Nobel de la paix confère un réel prestige à ses lauréats, on peut légitimement se demander s’il accorde des pouvoirs suffisants pour promouvoir un véritable changement. Scott London reconnaît que le temps a montré que certains des lauréats n’étaient pas à la hauteur de cette distinction, en particulier ceux issus de la sphère politique.
Inversement, la désignation de certains lauréats a pu changer le cours de l’histoire. Scott London cite l’exemple de Mgr Carlos Felipe Ximenes Belo et de José Ramos-Horta, lauréats pour leur recherche d’une solution équitable du conflit au Timor-Oriental. « Ce prix a catapulté leurs efforts pour l’indépendance vis-à-vis de l’Indonésie sur le devant de la scène, tout en attirant l’attention des Nations unies », rappelle Scott London. Outre les difficultés économiques de l’Indonésie, la notoriété conférée par le prix Nobel aura ainsi contribué à l’indépendance du Timor-Oriental. Scott London rejette l’idée que la sélection des lauréats soit souvent influencée par des considérations politiques : « Le prix Nobel de la paix est un prix à caractère politique par nature. Alfred Nobel l’avait voulu ainsi. Je crois d’ailleurs que la nature politique du prix explique en grande partie son prestige et son influence. »
Définir la notion de paix
Bien que le siècle dernier ait été marqué par les conflits, les prix attribués aux lauréats sont autant de jalons qui permettent de mesurer les progrès incontestables accomplis en matière de liberté, de démocratie et de paix.
Parmi ces lauréats, on distinguera notamment Mikhaïl Gorbatchev (Union soviétique, 1990), pour sa contribution à la fin de la guerre froide, Nelson Mandela (Afrique du Sud, 1993) pour son combat pour la disparition de l’apartheid, et enfin quatre lauréats ayant aidé à mettre fin au terrorisme en Irlande du Nord : Betty Williams et Mairead Corrigan (1976) et John Hume et David Trimble (1998).
Le comité norvégien du prix Nobel a progressivement étendu sa définition de la paix dans le monde. Cette notion va aujourd’hui bien au-delà de celle figurant dans le testament d’Alfred Nobel.
Les exemples les plus frappants se rencontrent dans le domaine des droits de l’homme. C’est ainsi que le prix Nobel de la paix a été attribué à l’Américain Martin Luther King (1964), au Russe Andrei Sakharov (1975), à l’Argentin Adolfo Esquivel (1980), au Dalaï Lama (1989), à la Birmane Aung San Suu Kyi (1991) et à l’Iranien Shirin Ebadi (2003).
Plus récemment, le comité Nobel a de nouveau étendu son champ de vision afin de prendre en compte la protection de l’environnement. C’est ainsi qu’il a distingué la Kényane Wangari Maathai pour son programme de plantation d’arbres en Afrique (2004), puis l’ancien vice-président Al Gore aux cotés du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC)(2007).
Les cérémonies de remise du prix
La cérémonie officielle de remise du prix Nobel de la paix se déroule à l’Hôtel de Ville d’Oslo, en présence de la famille royale norvégienne et de personnalités du monde de la politique et de la culture.
Le président du comité Nobel présente la médaille d’or et le certificat au lauréat, qui prononce ensuite ce qu’il est de coutume d’appeler le discours du prix Nobel.
La remise du prix à son nouveau lauréat, Barack Obama, sera suivie le lendemain par le 16e concert du prix Nobel, dans cadre d’une soirée de gala animée par les acteurs Will Smith et Jada Pinkett Smith.
« Le fait que le lauréat soit le président des États-Unis rend l’organisation un peu plus complexe cette année » explique Odd Arvid Stromstad, chargé de la production du concert. « Nous devons nous adapter à cette nouvelle circonstance. »
Parmi les vedettes retenues pour participer au spectacle, on notera la présence du musicien et rappeur d’origine haïtienne Toussaint St Jean, du chanteur et compositeur portoricain Luis Fonsi, de la reine du disco Donna Summer, de la star de la musique country Toby Keith, des chanteurs maliens Amadou Bagayoko et Miriam Doumbia, et enfin du chanteur populaire norvégien d’origine biélorusse Alexander Rybak.
Pour de plus amples informations, veuillez consulter les sites web du prix Nobel de la paix et de la Fondation Nobel.




















