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tckLes changements climatiques sont un défi majeur de notre époque. Koffi Annan en est également préoccupé, ce qui l’a poussé à réunir plusieurs stars internationales et françaises de la chanson et du cinéma pour lancer une action pouvant influer les décisions du prochain sommet de Copenhague, qui aura lieu le 7 décembre prochain, notamment pour prolonger les accords de Kyoto en matière de défense environnementale.

Midnight Oil

Après une dizaine d’années passées à la tête de l’Organisation des Nations Unies, le Ghanéen Kofi Annan, Prix Nobel de la paix 2001, a décidé de militer contre les changements climatiques. Il vient de lancer une pétition musicale réunissant de nombreux acteurs et chanteurs qui interprètent « Beds Are Burning », une chanson du groupe rock australien « Midnight Oil » datant de 1987 et tirée de l’album « Diesel and Dust ». Le single « Midnight Oil » est mondialement connu. Il a été numéro 1 du Top 50 en Afrique du Sud, n°3 du Top 40 aux Pays-bas, n°5 du Top 50 en France Top 50, n°6 au Royaume-Uni, n°11 en Irlande, n°17 de U.S. Billboard. C’est cette chanson que Koffi Annan a choisi pour sensibiliser les décideurs de ce monde sur le climat.

Les changements climatiques, un sujet préoccupant

Les changements climatiques sont un défi majeur de notre époque. De nombreux dirigeants sont conscients que les changements climatiques compromettent la viabilité de leur économie, le développement social, et dans certains cas leur intégrité territoriale. Les acquis sont menacés, les espoirs risquent d’être anéantis. Les plus pauvres et les plus vulnérables sont ceux qui souffrent le plus.

Il est évident que les mesures d’adaptation prises jusqu’ici sont insuffisantes. L’adaptation doit se voir accorder un rang de priorité plus élevé. Il faut créer des effets de synergie entre les mesures d’adaptation et les mesures prises pour donner effet aux priorités arrêtées en matière de développement, y compris la sécurité alimentaire, la sécurité de l’approvisionnement en eau et l’atténuation des risques de catastrophe. Plus que jamais la préservation de l’environnement préoccupe.

Une campagne inédite

De nombreuses stars internationales se sont mobilisées aux côtés de Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies et Prix Nobel de la Paix, pour tenter d’influer sur la conclusion du prochain sommet de Copenhague dans le cadre de la campagne « Tck Tck Tck Time for Climate Justice » consistant à télécharger la chanson pour être signataire de la pétition. Parmi les artistes participant à cette campagne figurent Milla Jovovich, Yannick Noah, Mélanie Laurent, Marion Cotillard, Guillaume Canet, Duran Duran, Mark Ronson, Lilly Allen, Klaxons, Vincent Perez, Youssou N’Dour , Manu Katché, Jamie Cullum et beaucoup d’autres volontaires réunis par Bob Geldof, à la manière du légendaire « Band Aid » pour réenregistrer « Beds are burning ».

La campagne « Time for Climate Justice – Tck, Tck, Tck » a été lancée officiellement en Juin 2009 par le président du groupe de communication Havas Worldwide, David Jones, et par Kofi Annan.

La pétition musicale virtuelle réalisée au cours de cette campagne sera présentée aux dirigeants des gouvernements siégeant à la table des négociations au sommet de Copenhague.

« Météo pour tous »

Grâce à un partenariat diversifié composé notamment d’entreprises florissantes du secteur de la télécommunication mobile et à une initiative appelée « Météo pour tous » lancée en 2008 par Kofi Annan, président du Forum humanitaire mondial et ancien secrétaire général de l’ONU, des stations météorologiques automatisées poussent comme des champignons dans la région des Grands Lacs de l’Afrique orientale. Ces stations surveillent les conditions atmosphériques et enregistrent des données nécessaires à l’établissement de bulletins météorologiques. Ces données sont également précieuses pour ceux qui étudient les phénomènes météorologiques et climatiques. Le réseau d’observation météorologique africain compte en effet au total moins de 300 stations, ce qui le rend huit fois inférieur au minimum recommandé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). En outre, moins de 200 stations automatiques sont aux normes de cette organisation.

L’Europe, l’Amérique du Nord et certaines régions de l’Asie ont chacune plusieurs milliers de stations météorologiques qui relèvent la température, la pression barométrique, l’humidité, la vitesse et la direction du vent, et la pluviosité. « La science du climat n’est pas un simple exercice intellectuel. Ces informations sont de la plus haute importance – et peuvent parfois sauver des vies – pour des centaines de millions de gens », a déclaré M. Annan, le 31 août, lors de la première journée de la Troisième Conférence mondiale sur le climat qui s’est tenue à Genève. « Nous devons nous concentrer sans relâche sur la façon d’aider ceux qui sont sur la ligne de front du changement climatique. Nous ne pouvons espérer gérer le changement climatique si nous ne le mesurons pas avec précision. Cette information doit en outre, plus que jamais, être à la base des solutions mondiales, nationales et locales apportées aux problèmes découlant des changements climatiques. »

Les autres partenaires de cette initiative, dont l’objectif est d’installer 5.000 stations météorologiques automatiques sur des réseaux déjà existants ou mobiles, sont les suivants : l’OMM ; Ericsson, un important fournisseur d’équipements et de services de télécommunications ; Zain, une société de télécommunication mobile implantée au Moyen-Orient et en Afrique ; et l’Institut de la Terre de l’université Columbia à New York. Lors d’un colloque organisé en marge de la conférence, M. Walter Fust, directeur du Forum humanitaire mondial, a déclaré que la première phase de l’initiative avait été achevée en juin dernier. Il a précisé que l’on pouvait voir les stations météorologiques sur Google Earth. Les membres du partenariat sont également à la recherche de fonds. « Trente millions de dollars pourraient suffire à couvrir l’ensemble du continent », a-t-il affirmé.

L’initiative « Météo pour tous » permettra d’augmenter massivement les informations cruciales servant à prévoir les chocs climatiques et à en limiter les ravages. Les premières stations météorologiques ont été installées dans la région des Grands Lacs de l’Afrique, notamment autour du lac Victoria, où 5.000 personnes périssent chaque année à cause de tempêtes et d’accidents. Près de 70 % des Africains, soit près de 700 millions de personnes, vivent de l’agriculture. Plus de 95 % de l’agriculture africaine dépend, à son tour, de pluies suffisantes. Or les bouleversements découlant du changement climatique rendent obsolètes les connaissances agricoles traditionnelles pourtant fiables depuis des siècles, ce qui crée un besoin important dans le domaine de l’information météorologique. Le partenariat va profiter de la pénétration sans cesse plus étendue des téléphones portables en Afrique pour envoyer des informations météorologiques aux usagers et aux collectivités, notamment les agriculteurs et les pêcheurs isolés. Il octroiera également des fonds aux services météorologiques nationaux aux fins de formation et d’assistance technique.

Koffi Annan, un grand homme

Kofi Annan fut le septième Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies et le premier à sortir des rangs du personnel. Il a entamé son premier mandat le 1er janvier 1997. Le 29 juin 2001, sur recommandation du Conseil de sécurité, l’Assemblée générale l’a réélu par acclamation pour un second mandat, commençant le 1er janvier 2002 et s’achevant au 31 décembre 2006. Une fois élu Secrétaire général, il s’est donné comme tâches prioritaires de revitaliser les Nations Unies par un programme complet de réformes, de renforcer l’action traditionnelle de l’ONU dans les domaines du développement et du maintien de la paix et de la sécurité internationales, de défendre les droits de l’homme et de propager le respect de la légalité et des valeurs universelles d’égalité, de tolérance et de dignité humaine qui figurent déjà dans la Charte des Nations Unies, et de rétablir la confiance de l’opinion publique dans l’Organisation en l’ouvrant à de nouveaux partenaires et, selon ses propres termes, en « rapprochant les Nations Unies des peuples».

Kofi Annan est né à Kumasi (Ghana) le 8 avril 1938. Il a étudié à l’Université scientifique et technologique, à Kumasi, et a achevé sa licence d’économie au Macalester College, à St. Paul (Minnesota) aux États-Unis, en 1961. En 1961 et 1962, il a fait des études de troisième cycle en économie à l’Institut universitaire des hautes études internationales, à Genève. En 1971 et 1972, en qualité de Sloan Fellow au Massachusetts Institute of Technology, M. Annan a obtenu son diplôme de maîtrise en sciences de gestion. M. Annan est entré dans le système des Nations Unies en 1962 comme fonctionnaire d’administration et du budget auprès de l’Organisation mondiale de la santé à Genève. Depuis, il a été en poste à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, à Addis-Abeba, à la Force d’urgence des Nations Unies (FUNU II) à Ismailia, au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à Genève, puis au Siège des Nations Unies à New York, comme Sous-Secrétaire général à la gestion des ressources humaines et Coordonnateur des Nations Unies pour les questions de sécurité (1987-1990) puis comme Sous-Secrétaire général à la planification des programmes, au budget et à la comptabilité, puis Contrôleur (1990-1992). En 1990, après l’invasion du Koweït par l’Iraq, M. Annan a reçu du Secrétaire général pour mission spéciale d’organiser le rapatriement de l’Iraq de plus de 900 fonctionnaires internationaux et ressortissants de pays occidentaux. Il a ensuite dirigé la première équipe des Nations Unies chargée de négocier avec l’Iraq sur la question de la vente du pétrole pour financer l’aide humanitaire.

Avant d’être élu Secrétaire général, M. Annan a également rempli les fonctions de Sous-Secrétaire général (mars 1992-février 1993) puis de Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix (mars 1993-décembre 1996). Ces fonctions de Secrétaire général adjoint ont coïncidé avec une croissance exceptionnelle des effectifs et de l ’extension géographique des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, qui, à leur maximum, en 1995, comportaient un déploiement total de près de 70 000 militaires et civils originaires de 77 pays. Entre novembre 1995 et mars 1996, après l’Accord de paix de Dayton, qui a mis un terme à la guerre en Bosnie-Herzégovine, M. Annan a été Représentant spécial du Secrétaire général pour l’ex-Yougoslavie, supervisant à cette occasion la transition, en Bosnie-Herzégovine, de la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU) à une force multinationale de mise en oeuvre de la paix (IFOR) sous la direction de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). L’une des premières initiatives de M. Annan comme Secrétaire général réside dans son plan de réformes intitulé «Rénover les Nations Unies», qui a été présenté aux États Membres en juillet 1997 et a depuis mis l’accent sur l’amélioration de la cohérence et de la coordination de l’action de l’ONU. Son rapport d’avril 1998 au Conseil de sécurité sur «les causes des conflits et la promotion de la paix et d’un développement durables en Afrique» compte parmi plusieurs tentatives pour maintenir l’engagement de la communauté internationale en faveur de l’Afrique, le plus désavantagé des continents. Il a proposé ses bons offices dans plusieurs situations politiquement délicates. Il faut citer une tentative, en 1998, pour obtenir que l’Iraq respecte les résolutions du Conseil de sécurité, une mission, en 1998, pour aider à promouvoir la transition à un pouvoir civil au Nigéria, un accord, en 1999, pour sortir de l’impasse entre la Libye et le Conseil de sécurité au sujet de l’attentat de Lockerbie remontant à 1988, une action diplomatique en 1999 pour organiser une réaction internationale à la violence au Timor oriental, la certification du retrait israélien du Liban en septembre 2000 et plusieurs autres efforts, depuis que la violence a de nouveau éclaté en septembre 2000, pour encourager les
Israéliens et les Palestiniens à régler leurs différends par des négociations pacifiques s’inspirant des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et du principe «la terre contre la paix».

Il a également cherché à améliorer la condition de la femme au Secrétariat et à nouer des alliances plus étroites avec la société civile, le secteur privé et d’autres acteurs non étatiques, dont les atouts complètent ceux des Nations Unies; en particulier il a lancé «le pacte mondial» en direction des dirigeants des grandes entreprises mondiales et des organisations du monde du travail et de la société civile pour faire en sorte que les peuples du monde aient leur part des avantages de la mondialisation et pour s’assurer que le marché mondial respecte bien les valeurs et les pratiques d’importance fondamentale pour la satisfaction des besoins socioéconomiques des peuples.

En avril 2000, il a publié son rapport sur le millénaire intitulé «Nous les peuples: le rôle des Nations Unies au XXIe siècle», dans lequel il invite les États Membres à s’engager en faveur d’un plan d’action pour l’élimination de la pauvreté et de l’inégalité, l’amélioration de l’éducation, la réduction du VIH/sida, la préservation de l’environnement et la protection des peuples contre les conflits et la violence. C’est de ce rapport que s’inspire la Déclaration du millénaire adoptée par les chefs d’État et de gouvernement au Sommet du millénaire, qui s’est tenu en septembre 2000 au Siège de l’Organisation des Nations Unies.

En avril 2001, le Secrétaire général a publié un «appel à l’action» en cinq points, pour venir à bout de l’épidémie d’infection par le VIH et de sida – ce qu’il décrit comme une priorité personnelle – et a proposé la création d’un fonds mondial sida et santé, par lequel transiterait une partie des ressources nécessaires pour aider les pays en développement à surmonter la crise. Le 10 décembre 2001, le Secrétaire général de l’ONU a reçu le prix Nobel de la paix. Lorsqu’il lui a décerné ce prix, le Comité Nobel a noté que M. Annan avait joué un rôle déterminant pour ce qui est d’insuffler une nouvelle vie à l’Organisation. Le décernant également à cette dernière, il a dit que son intention était de proclamer que le seul chemin praticable vers la paix et la coopération mondiales passait par l’ONU.

Le Secrétaire général parle couramment l’anglais, le français et plusieurs langues africaines. Il est marié à Nane Annan, juriste et artiste suédoise qui manifeste un très grand intérêt pour l’action menée par l’ONU sur le terrain. Parmi les questions auxquelles elle est plus particulièrement attachée figurent la lutte contre le VIH/sida et l’éducation des femmes. Elle a également écrit un livre pour enfants sur l’ONU. Le Secrétaire général et Mme Annan ont trois enfants. L’Afrique peut être fier de Koffi Annan, comme elle l’est de Barack Obama.

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