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Obama victoryLe 4 novembre, les Américains ont élu M. Barack Obama, sénateur démocrate de l’Illinois, à la présidence des États-Unis. Lors du discours qu’il a prononcé à Chicago le 5 novembre devant une foule de partisans, M. Obama a déclaré : « À tous ceux qui se demandent si le phare de l’Amérique est aussi brillant que jamais, nous avons montré ce soir une fois de plus que la véritable force de notre pays provient non pas de la puissance de nos armes ou de l’abondance de nos richesses, mais du pouvoir durable de nos idéaux : la démocratie, la liberté, l’égalité des chances et l’espoir permanent. »

Barack Obama est devenu le 44e président des États-Unis le 4 Novembre 2008. Né d’un père kényan et d’une mère blanche issue de l’Amérique profonde, il se fait découvrir sur la scène nationale en galvanisant son auditoire lorsqu’il prononce le discours principal à la convention nationale du parti démocrate tenue en 2004, dans lequel il déclare : « Il n’y a pas une Amérique progressiste et une Amérique conservatrice – il y a les États-Unis d’Amérique. Il n’y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino-américaine et une Amérique asiatique ; il y a les États-Unis d’Amérique (…) Nous formons un seul peuple, nous tous prêtant allégeance au drapeau, nous tous œuvrant à la défense des États-Unis d’Amérique. »

Cette année-là, il est élu sénateur, représentant l’Illinois au Congrès. Tout juste quatre ans plus tard, il obtient l’investiture du parti démocrate comme candidat à la présidence et remporte la victoire en battant le candidat républicain, John McCain.

Le sacre présidentiel

Le 4 novembre, les Américains ont élu M. Barack Obama, sénateur démocrate de l’Illinois, à la présidence des États-Unis.

Lors du discours qu’il a prononcé à Chicago le 5 novembre devant une foule de partisans, M. Obama a déclaré : « À tous ceux qui se demandent si le phare de l’Amérique est aussi brillant que jamais, nous avons montré ce soir une fois de plus que la véritable force de notre pays provient non pas de la puissance de nos armes ou de l’abondance de nos richesses, mais du pouvoir durable de nos idéaux : la démocratie, la liberté, l’égalité des chances et l’espoir permanent. »

En votant, a-t-il dit, les Américains ont montré qu’ils n’avaient « jamais été une simple collection d’individus ou d’États rouges (républicains) et bleus (démocrates) ». « Nous sommes et nous serons toujours les États-Unis d’Amérique », a-t-il souligné.

« Une nouvelle aube du leadership américain apparaît, a-t-il dit. À ceux qui voudraient détruire le monde, je leur dis : nous vous vaincrons. À ceux qui recherchent la paix et la sécurité, je leur dis : nous vous soutiendrons. »

Selon les résultats encore officieux en début de matinée le 5 novembre, M. Obama a remporté la victoire dans au moins 30 États et le district de Colombie et obtenu 349 suffrages des grands électeurs, alors qu’il n’en avait besoin que de 270 pour être élu.

M. Obama sera le premier président afro-américain des États-Unis et aussi la première personne de couleur à gouverner un pays dont la majorité de la population est blanche.

Il a été vainqueur dans tous les États remportés par le candidat démocrate, M. John Kerry, lors de l’élection présidentielle de 2004, ainsi qu’en Ohio, en Iowa, en Floride, au Nouveau-Mexique, au Colorado, au Nevada et en Virginie, États qui avaient voté pour M. Bush lors des deux élections présidentielles précédentes.

Pour sa part, le candidat républicain, M. John McCain, a déclaré dans son allocution devant des partisans qu’il avait téléphoné à M. Obama pour le féliciter. Il a reconnu l’importance de cette victoire pour les Afro-Américains et la fierté que ceux-ci devaient éprouver à juste titre à la suite d’une longue histoire marquée par l’esclavage, la ségrégation et la discrimination.

Les États-Unis, a-t-il dit, sont maintenant fort éloignés de la période où régnait un « sectarisme cruel et arrogant », et « il n’en y a pas de meilleure preuve » que l’élection de M. Obama.

M. McCain s’est aussi engagé à apporter son soutien au prochain président et il a incité ses partisans à faire preuve de bonne volonté et à s’efforcer de trouver les moyens d’agir de concert.

La victoire de M. Obama fait suite à une lutte longue et difficile contre Mme Hillary Clinton (sénatrice de l’État de New York) lors des élections primaires, puis à une campagne électorale intense qui l’a opposé à M. McCain.

L’élection présidentielle de 2008 revêt une importance historique à de nombreux égards. Lorsque le nombre de candidats du parti démocrate s’est réduit au début de 2008, il est devenu clair que les électeurs auraient à choisir entre la première femme qui serait investie comme candidate d’un parti politique à l’élection présidentielle et le premier Afro-Américain qui serait investi de même.

Du côté républicain, le choix d’une femme, Mme Sarah Palin (gouverneure de l’Alaska), par M. McCain comme sa colistière a constitué la seconde fois qu’un candidat à la présidence a fait un tel choix.

Aux premières heures de la journée du 5 novembre, M. Obama et son colistier, M. Joe Biden (sénateur du Delaware), ont pris la parole devant une foule de partisans en liesse dans un parc de Chicago (Grant Park). M. Obama s’est engagé à être le président de tous les Américains, qu’ils aient voté pour lui ou non.

Le rassemblement de Grant Park, où des centaines de milliers de personnes étaient venues, était particulièrement émouvant car ce parc avait été la scène il y a quarante ans de manifestations violentes à l’occasion de la Convention nationale du parti démocrate de 1968. Cette violence avait illustré la division au sein du parti démocrate entre les jeunes militants de gauche et les fidèles du parti plus âgés de tendance conservatrice.

C’est aussi en 1968 qu’un candidat démocrate à la présidence, M. Robert Kennedy, a prédit qu’un Afro-Américain pourrait devenir président en 2008. « Les choses évoluent si rapidement dans le domaine des relations interraciales qu’un Noir pourrait devenir président dans quarante ans. Il n’y aucun doute à ce sujet. Dans quarante ans, un Noir pourra occuper le même poste que mon frère (…) Les préjugés existent et il est probable qu’ils persisteront (…) mais nous essayons de faire des progrès et nous en faisons. Nous n’allons pas accepter le statu quo », a-t-il dit le 27 mai 1968, une semaine avant son assassinat.

Un homme ordinaire au destin extraordinaire

Si Barack Obama remporte l’élection présidentielle en novembre 2008, son épouse et lui seront les premiers Afro-Américains à occuper la Maison-Blanche.

Barack Obama et son épouse Michelle (quarante-quatre ans) ont parfaitement conscience de l’importance de cette campagne qui fait époque et de la signification historique qu’elle revêt pour de nombreux Américains. Dans les discours qu’elle prononce durant la campagne, Michelle Obama mentionne souvent une fillette de dix ans qu’elle a rencontrée un jour dans un salon de coiffure de la Caroline du Nord et qui lui a dit : « Si Barack Obama est élu président, il n’y aura pas alors de limites à ce que je peux imaginer pour moi-même. »

« Cela aurait pu s’appliquer à moi, a-t-elle indiqué, car, en vérité, je ne suis pas censée me tenir ici devant vous, Je suis une curiosité statistique. Une Noire qui a grandi dans les quartiers sud de Chicago. Étais-je censée aller à Princeton ? Non. On disait que la faculté de droit de Harvard était peut-être trop difficile pour moi, mais j’y suis allée. Je m’en suis bien tirée. Et je n’étais certainement pas censée me tenir ici devant vous. »

Michelle Robinson est née et a été élevée dans une famille de la classe ouvrière de Chicago (Illinois). Son père travaillait au service des eaux de la ville et était responsable de la section du parti démocrate de son quartier. Sa mère était une femme au foyer qui s’occupait d’elle et de son frère aîné, Craig.

Elle était très bonne élève et fut admise à l’université de Princeton. Après avoir obtenu une licence en sociologie avec, comme matière secondaire, les études afro-américaines, elle entra à la faculté de droit de Harvard.

Barack et Michelle se rencontrèrent en 1989 quand, en tant que membre du cabinet d’avocats Sidley & Austin, Michelle fut chargée de servir de mentor à Barack Obama qui y faisait un stage durant l’été.

Barack Obama l’invita à assister à l’une des réunions de son groupe d’animation sociale à Chicago. Elle accepta et se rendit à une réunion durant laquelle, a-t-elle indiqué à l’hebdomadaire Newsweeek, il avait souligné aux participants la nécessité de combler le fossé entre le monde tel qu’il était et le monde tel qu’il devrait être.

Ils continuèrent à se fréquenter et se marièrent en 1992. Ils partagent la passion du service de la collectivité et ont consacré la majeure partie de leur vie adulte à des carrières dans ce domaine.

Après avoir quitté le cabinet d’avocats où ils s’étaient rencontrés, Michelle Obama occupa plusieurs postes dans la municipalité de Chicago et elle fonda et dirigea l’association Public Allies in Chicago, qui encourage les jeunes à travailler au service de la collectivité. Tout récemment, elle occupait les fonctions de vice-présidente des affaires communautaires et externes du Centre médical de l’université de Chicago.

« C’est certainement une personne qui mettrait à profit la tribune qu’offrirait la Maison-Blanche, a déclaré Myra Gutin, historienne et professeur de communication à l’université Rider (New Jersey). Elle est intelligente, s’exprime avec facilité et possède une expérience professionnelle en matière de gestion. »

Barack et Michelle Obama espèrent que leur enthousiasme pour le service de la collectivité et leurs nombreux succès professionnels les aideront à remporter l’élection de novembre. Toutefois, pour Barack Obama, deux des forces agissantes à l’origine de son désir d’être président et d’exercer une influence positive sur le monde sont ses deux filles, Malia (dix ans) et Sasha (sept ans). S’il est élu, ces fillettes seront les plus jeunes occupantes de la Maison-Blanche depuis Amy Carter, qui avait neuf ans quand son père, Jimmy Carter, a été élu président en 1976.

« Ma vie gravite autour de mes deux filles », a-t-il dit lors d’un discours qu’il a prononcé dans une église de Chicago, à l’occasion de la fête des pères. « Je pense au genre de monde que je leur lèguerai. Ce que j’ai compris, c’est que la vie ne compte guère si vous n’êtes pas prêt à faire votre part pour laisser à vos enfants, à tous les enfants, un monde meilleur. C’est là notre ultime responsabilité en tant que pères et en tant que parents. »

Un président très actif

Barack Obama ne prendra pas ses fonctions avant le 20 janvier 2009, mais le travail qu’il doit faire pour relever les nombreux défis qui l’attendent commence immédiatement.

Alors que, dans tout le pays, le personnel de la campagne électorale vide ses bureaux, l’équipe de transition commence sa mission qui consiste à s’assurer que le gouvernement Obama sera prêt à aborder les grands dossiers économiques et de politique étrangère que doivent traiter les États-Unis.

Cette équipe de transition, qui comprend des experts dans chaque grand domaine d’activité, va commencer à préparer ses recommandations pour le président élu et l’aider à choisir les membres de son cabinet. Ces nominations devront ensuite être confirmées par le nouveau Congrès après la prise de fonctions de M. Obama.

L’équipe de transition recevra de l’aide de la Maison-Blanche. Le transfert pacifique du pouvoir d’un gouvernement à l’autre est l’emblème de la démocratie américaine, et le gouvernement Bush est résolu à faciliter ce transfert.

La planification de la transition a commencé il y a plusieurs mois. Les agences fédérales et divers services de la Maison-Blanche ont préparé des dossiers sur les principaux sujets d’actualité à l’intention de l’équipe de transition du président élu.

Les deux candidats à la présidence ont été tenus régulièrement informés des questions de sécurité nationale, et cela continuera avec M. Obama au fur et à mesure qu’il se préparera à prendre ses fonctions.

Les défis de politique étrangère

Lorsque, en janvier prochain, M. Barack Obama prendra ses fonctions, il deviendra le commandant en chef des opérations militaires en Irak et en Afghanistan.

Ces deux guerres ont été un important sujet de la campagne électorale, et les deux candidats se sont déclarés favorables au renforcement des troupes en Afghanistan. Par contre, ils n’étaient pas d’accord sur l’Irak.

M. Obama a critiqué la guerre en Irak depuis le début, et a promis de commencer à retirer les troupes américaines dès son arrivée à la Maison-Blanche, son objectif étant le retrait de la majorité des effectifs au cours des 16 premiers mois de son mandat.

En plus des guerres en Irak et en Afghanistan, le gouvernement Obama devra faire face aux ambitions nucléaires de l’Iran, a dit Steven Cook, chercheur au Conseil des relations étrangères, le 29 octobre, au Centre de la presse étrangère du département d’État.

Le nouveau gouvernement devra également décider, à la lumière de tous les dossiers qui réclament l’attention du président, s’il vaut la peine que ce dernier consacre du temps et de l’énergie à engager des démarches diplomatiques sur le front arabo-israélien.

« Le Moyen-Orient a été un point central de la politique étrangère du gouvernement Bush, et il est fort probable que cela continuera d’être le cas pour le nouveau gouvernement. »

Tout au long de sa campagne, M. Obama n’a cessé de vanter les mérites d’une conception multilatérale de la politique étrangère, a déclaré Allan Lichtman, professeur à l’American University. Le 3 novembre, lors d’une conférence de presse organisée au Centre de la presse étrangère du département d’État, il a ajouté qu’il s’attendait à ce que le gouvernement Obama tienne cette promesse.

Un domaine dans lequel la coopération avec les pays étrangers est susceptible de s’intensifier est celui du changement climatique. « Je pense que Barack Obama relancera le débat avec l’Union européenne et d’autres pays, dont la Russie et la Chine, sur le problème du changement climatique. »

Les spécialistes de la politique rappellent toutefois que ce sont souvent des événements extérieurs qui façonnent la politique étrangère du président des États-Unis.

Les inquiétudes au sujet de l’économie

Quelques jours après la publication des chiffres faisant état d’un taux de croissance supérieur aux 3,5 % prévus au cours du troisième trimestre 2009, d’autres signes de frémissement économique ont fait leur apparition. Le département du commerce a publié un rapport selon lequel, les dépenses en matière de construction ont grimpé de 0,8 pour cent au mois de septembre, soit mieux que les prévisions des analystes.

Cette performance a été favorisée par un bond des constructions résidentielles depuis 2003.
« C’est une bonne nouvelle, dit Don Santos, propriétaire d’une entreprise de construction en Floride.  Quand on met de l’argent dans la construction, on récolte directement des emplois.  C’est exactement ce qu’il faut à cette économie.  Je pense donc, conclut-il, c’est super. »

De bonnes nouvelles positives sont également venues du secteur immobilier. Le nombre de contrats signés pour l’achat de maisons existantes a bondi pour le huitième mois consécutif au mois de septembre, pour atteindre un chiffre record depuis 2006.

Les acheteurs de maisons répondent à l’expiration imminente des déductions fiscales accordées aux acquéreurs de leur première maison, dit Walter Maloney, porte-parole de l’Association nationale des agents immobiliers. « Ce que nous voyons, dit-il, est une ruée des premiers acquéreurs pour profiter de l’exemption de taxe d’ici la fin de ce mois.  Cela va aider à faire baisser les stocks existants et contribuer à stabiliser plus rapidement les prix des maisons », a expliqué Maloney.

De l’avis des économistes, un sursaut du marché des valeurs immobilières contribueraient à rassurer les consommateurs américains et à donner un coup de fouet à la reprise économique.

Pour sa part la compagnie Ford fait état d’un gain net d’un milliard de dollars pour le 4è trimestre, du fait des mesures incitatives fédérales pour l’achat de véhicules consommant moins de carburant.  Ford qui a été le seul grand fabricant d’automobiles à rejeter l’aide d’urgence du gouvernement au cours de l’année écoulée, pense pouvoir retrouver le statut de compagnie faisant des profits solides d’ici 2011.

La seule fausse note dans ce contexte optimiste vient de la faillite dimanche de CIT, un grand bailleur de crédit aux petites entreprises américaines. De nombreux vendeurs au détail auront moins de crédits et leurs fournisseurs encore moins de crédit. Et malgré les signes de reprise, le chômage campe fermement aux alentours de 9,8 %.

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