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0La Cour Pénale Internationale (CPI) a ouvert le procès de Germain Katanga et son compatriote Mathieu Ngudjolo Chui, ancien commandant du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), un groupe armé de l’Ituri, dans la province Orientale (Nord-est de la RDC). Il sont accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Germain Katanga est le chef historique des Forces de résistance patriotiques en Ituri (FRPI). Il est notamment accusé de « meurtres », « actes et traitements inhumains », « esclavage sexuel » et d’avoir « fait participer des enfants de moins de 15 ans à des hostilités ». Germain Katanga est soupçonné d’avoir dirigé les FRPI lors de massacres perpétrés à Bunia, capitale du district de l’Ituri, mais aussi dans d’autres localités, dont Bogoro, entre fin 2002 et début 2003.

La Cour Pénale Internationale juge deux criminels congolais. Ngudjolo, ancien commandant de la milice du Front nationaliste et intégrationniste (FNI), est notamment accusé d’avoir organisé avec Germain Katanga, ancien chef des Forces de résistance patriotiques en Ituri (FRPI, allié au FNI) déjà détenu par la CPI, une attaque contre le village de Bogoro en Ituri le 24 février 2003. Selon la CPI, cette attaque a provoqué le «meurtre d’environ 200 civils», des «atteintes graves à l’intégrité physique», des «arrestations, menace avec des armes et enfermement de civils dans une pièce remplie de cadavres», des «pillages» et la «réduction en esclavage sexuel de plusieurs femmes et filles».

Germain Katanga

Germain Katanga, alias «Simba», est né le 28 avril 1978 à Mambasa, sur le territoire de Mambasa, dans le district de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC). D’appartenance supposée à l’ethnie ngiti, il est marié et père de deux enfants. Depuis début 2003, Katanga serait le plus haut commandant de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI). Le 11 décembre 2004, il aurait été promu au rang de général de l’armée de la République démocratique du Congo.

Entre janvier 2002 et décembre 2003, plus de 8000 civils ont trouvé la mort et plus d’un demi-million de personnes ont été contraintes d’abandonner leur foyer en Ituri en raison du conflit armé opposant la FRPI à d’autres milices armées dans la région de l’Ituri. Entre janvier 2003 et mars 2003 au moins, la FRPI et le Front nationaliste et intégrationniste (FNI) auraient mené une attaque – revêtant un caractère systématique ou généralisé – dirigée contre la population civile de certaines parties du territoire de l’Ituri.

Katanga, en sa qualité de plus haut commandant de la FRPI, aurait joué un rôle essentiel dans la planification et la mise en œuvre, le 24 février 2003 ou vers cette date, d’une attaque menée sans discrimination contre le village de Bogoro, sur le territoire de l’Ituri de concert avec des commandants du FNI. Il aurait aussi ordonné à ses subordonnés d’exécuter cette attaque.

Le 24 février 2003 au matin, des membres de la milice de Katanga auraient pénétré dans le village de Bogoro et auraient mené une attaque sans discrimination, dirigée principalement contre des civils d’ethnie hema. La FRPI aurait fait participer activement des enfants âgés de moins de quinze ans à cette attaque. Au moins 200 civils sont morts au cours de l’attaque. De plus, les survivants auraient été enfermés dans un bâtiment où s’entassaient les cadavres. Par ailleurs, des femmes et des filles auraient été enlevées et réduites à la condition d’esclaves sexuelles. Finalement, la FRPI aurait pillé le village de Bogoro, qui fut rayé de la carte par cette attaque.

Selon Human Rights Watch, Katanga aurait aussi contribué à diriger l’un des plus importants massacres en Ituri, celui de l’hôpital de Nyakunde en septembre 2002. Sur une période de dix jours, ses combattants auraient participé au massacre d’au moins 1200 Hema ainsi que d’autres civils pris pour cible sur la base de leur appartenance ethnique. Toujours selon Human Rights Watch, Katanga aurait également dirigé des combattants de la FRPI lors d’autres massacres, notamment ceux de Bunia et Komanda en 2002 et 2003. Katanga n’est toutefois pas inculpé pour ces actes par la Cour pénale internationale.

Au début du mois de mars 2005, Katanga a été arrêté dans un grand hôtel de Kinshasa par les autorités congolaises en même temps que huit autres membres de différents groupes armés de l’Ituri. Cette arrestation faisait suite à une attaque menée en Ituri contre les Casques bleus de la MONUC le 25 février 2005, au cours de laquelle neuf soldats de maintien de la paix ont été tués. Katanga a ensuite été envoyé au centre pénitentiaire de Kinshasa, le CPRK.

Mathieu Ngudjolo

De son côté, Mathieu Ngudjolo Chui, également connu sous le nom de Mathieu Ngudjolo ou Cui Cui Ngudjolo est né le 8 octobre 1970 à Bunia en Ituri, province située dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). D’appartenance supposée à l’ethnie lendu, il est marié et père de deux enfants.

Il entame rapidement une carrière militaire et devient caporal dans les Forces armées zaïroises (FAZ) de l’ex-dictateur Mobutu Sese Seko. Quand la guerre éclate en 1996, il déserte des FAZ, qui sont balayées en huit mois par une rébellion congolaise soutenue par le Rwanda. Pendant quatre ans, il suit avec succès une formation d’infirmier à Bunia. En 2003, Ngudjolo aurait été nommé parmi les trois plus hauts dirigeants des forces alliées du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) et de la FRPI (Force de résistance patriotique en Ituri).

Fin 2003, il est arrêté par l’ONU pour le meurtre d’un chauffeur de taxi-moto à Bunia. Il est libéré en 2004 faute de preuve.

En juin 2005, il co-fonde et prend la tête du Mouvement révolutionnaire congolais (MRC), une milice qui continuera à semer la terreur en Ituri. En juillet 2006, il signe un accord de paix avec Kinshasa, promettant de faire démobiliser ses hommes contre la promesse d’une amnistie générale. Il est nommé colonel des FARDC (forces armées de la RDC) en décembre 2006 avant de quitter l’Ituri en novembre 2007 pour un centre de formation militaire pour officiers à Kinshasa, où il se trouve au moment de son appréhension.

Entre janvier 2002 et décembre 2003, plus de 8000 civils ont trouvé la mort et plus d’un demi-million de personnes ont été contraintes d’abandonner leur foyer en Ituri en raison du conflit armé opposant la FNI à d’autres milices armées dans la région de l’Ituri. Entre janvier 2003 et mars 2003 au moins, le FNI et le FRPI (Force de résistance patriotique en Ituri) auraient mené une attaque – revêtant un caractère systématique ou généralisé – dirigée contre la population civile de certaines parties du territoire de l’Ituri.

Mathieu Ngudjolo, en sa qualité de plus haut commandant de la FNI, aurait joué un rôle essentiel dans la planification et la mise en œuvre, le 24 février 2003 ou vers cette date, d’une attaque menée sans discrimination contre le village de Bogoro, sur le territoire de l’Ituri de concert avec des commandants du FRPI. Il aurait aussi ordonné à ses subordonnés d’exécuter cette attaque.

Le 24 février 2003 au matin, des membres de la milice de Ngudjolo auraient pénétré dans le village de Bogoro et auraient mené une attaque sans discrimination, dirigée principalement contre des civils d’ethnie hema. La FNI aurait fait participer activement des enfants âgés de moins de quinze ans à cette attaque. Au moins 200 civils sont morts au cours de l’attaque. De plus, les survivants auraient été enfermés dans un bâtiment où s’entassaient les cadavres. Par ailleurs, des femmes et des filles auraient été enlevées et réduites à la condition d’esclaves sexuelles.

Le 6 février 2008, Ngudjolo est arrêté à Kinshasa par les autorités congolaises et transféré le lendemain au siège de la Cour pénale internationale à La Haye.

Source : Trial Watch International, une organisation suisse, créée en 2002 et basée à Genève, et dont le principal objectif est la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves : génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, torture, disparitions forcées.

Il convient de souligner que des recherches effectuées par HRW «suggèrent que la milice de Katanga et Ngudjolo bénéficiaient d’un soutien financier et militaire régulier de hauts responsables à Kinshasa (…) et en Ouganda». «Les trois dirigeants rebelles détenus par la CPI n’ont pas agi seuls pour terroriser les civils en Ituri», a estimé M. Singh qui appelle le procureur de la CPI à «enquêter sur les relations qu’ils entretenaient avec des fonctionnaires au Congo, au Rwanda et en Ouganda qui pourraient également être responsables d’atrocités».

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